La saga du commerce équitable – Épisode 1 : Le commerce équitable, c’est quoi au juste ?

Le commerce équitable, est d’après mon expérience auprès des gens, le thème le plus flou qui n’ait jamais existé dans l’histoire de la consommation individuelle et du commerce international ! Une mauvaise image (ou alors  un très mauvais coup marketing) pour l’économie sociale et solidaire !

On a beau en entendre parler souvent dans les médias, dans les discussions entre amis ou en voir dans les commerces qui nous entourent, je remarque lors des événements auxquels je participe, qu’un citoyen lambda (évitons le terme « moyen » que je n’affectionne pas particulièrement) a une connaissance très floue de ce que signifie le terme « commerce équitable ». On entend dire par-ci et par-là que c’est « bien » ou « mieux », mais pourquoi au juste ? À quoi ça sert tout ça ? Et puis comment reconnaître vraiment les produits équitables et les intégrer à notre quotidien ? Je n’ai qu’une seule réponse à ça, trois maîtres mots pour comprendre et avoir des convictions qui vous ressemblent : S’informer, s’informer, s’informer ! Je vais donc aborder toutes ces questions sur plusieurs articles (épisodes) qui feront partie de la saga du commerce équitable. Dans l’épisode 1, on essaie de comprendre de quoi il s’agit…  Si vous n’avez pas le temps de lire entièrement l’article, référez-vous à ce qui est en gras et aux images. Vous aurez compris le cœur du thème.

En toute logique, je fais appel au web pour expliquer le commerce équitable sur le web… Wikipédia le définit donc comme « un système d’échange dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. La démarche de commerce équitable consiste en une action collective d’organisation de nouveaux chemins de production et de distribution pour le marché international, basés sur des normes sociales, économiques et environnementales propres, ne nécessitant pas l’intermédiaire des États et la modification des législations nationales ». Entre vous et moi, ce n’est pas très clair tout ça…

Concrètement, voyons l’exemple le plus connu : le café.

Attention ! Concentré de culture générale pour épater vos amis… C’est le produit agricole le plus vendu au monde, et toutes catégories confondues, le deuxième produit le plus vendu après le pétrole. C’est aussi le produit équitable le plus vendu dans le monde et par conséquent, le plus célèbre (enfin un bon point pour l’économie sociale et solidaire !). Dernière remarque très importante : le café est exclusivement produit dans les pays du Sud et aucunement au Nord. Essayez donc de faire pousser votre café en Abitibi-Témiscamingue ! Par contre, il est majoritairement consommé au Nord.

Pays producteurs de café

Pays importateurs de café


Allons-y !

1. « Un système d’échange » ? Le commerce du café entre les pays producteurs (sud) et les pays importateurs (nord). Prenons l’exemple des échanges entre la Côte d’Ivoire qui produit et le Canada qui importe.

2. « Objectif : une plus grande équité » ? D’un côté, au Sud, les producteurs de Côte d’Ivoire veulent vivre dignement de leur travail et souhaitent le réaliser dans des conditions respectables. Par exemple : ne pas être obligés d’utiliser des pesticides dangereux pour leur santé -les moins chers!-, alors que ces mêmes pesticides sont interdits au Canada justement à cause de leurs effets nocifs sur la santé. Ou encore, ne pas être « obligés » d’embaucher des enfants -moins chers que les adultes!- parce que le cours du café décidé à la Bourse de Londres impose un prix de vente qui ne couvre même pas les frais de production. De l’autre côté, au Nord, les citoyens-consommateurs canadiens sont d’accord avec le principe équitable et préfèrent souvent boire un café qui a un « goût » moins amer ! Comment donc réunir ces deux bords ?

3. « Une action collective d’organisation de nouveaux chemins de production et de distribution pour le marché international » ? Plusieurs maillons de la chaîne commerciale (producteurs et leurs coopératives au Sud, organismes non gouvernementaux de certification équitable, citoyens-consommateurs au Nord…) s’unissent pour trois raisons principales : 1) Ne pas isoler les producteurs de café : D’abord grâce à la coopérative qui a un pouvoir de négociation qu’un agriculteur seul n’a pas (N’oubliez pas que la coopérative, en tant qu’entreprise de l’économie sociale et solidaire, représente une collectivité). 2) Travailler dans un même objectif équitable et à long terme : Grâce aux rapports entretenus avec les partenaires au Nord, toute la chaîne commerciale s’entend sur les principes et pratiques défendus. Une relation à long terme s’établit avec les producteurs au Sud. 3) Diminuer le nombre d’intermédiaires spéculateurs. Ça signifie moins de personnes qui font du profit sur le prix de base et accessoirement, moins de déplacements inutiles de la marchandise ! Merci l’impact carbone ! Voici une affiche que j’ai réalisée pour Fair Trade Montréal Équitable. Regardez la différence entre les deux chemins de production-distribution qu’emprunte le café avant d’arriver dans votre tasse le matin !


4. « Basé sur des normes sociales, économiques et environnementales propres » ? Normes sociales = Travailler pour vivre dans la dignité humaine et en interdisant l’utilisation des enfants. Normes économiques = Travailler pour un salaire juste et réinvestir dans la communauté grâce à la prime du commerce équitable. En effet, seul le commerce équitable offre une prime servant à améliorer les conditions de vie communautaire des producteurs, par exemple pour la construction d’hôpitaux, écoles, etc… Normes environnementales = Travailler sans utiliser des produits chimiques et pesticides dangereux interdits ailleurs,  favoriser des pratiques d’agriculture durable et développer (mais ce n’est pas encore systématique !) le bio à terme.

5. « Des normes ne nécessitant pas l’intermédiaire des États et la modification des législations nationales » ? Le commerce équitable est certifié de manière autonome, au Canada, par trois organismes non gouvernementaux et sans but lucratif : FairTrade Canada (affiliée à FairTrade International)FTF -Fair Trade Federation et WFTO -World Fair Trade Organization. La différence entre les organismes ? FairTrade Canada certifie que le produit est équitable, alors que FTF et WFTO certifient que les organisations qui vendent les produits sont équitables. Je ferai un article plus tard sur la différence entre les deux types de certification. En attendant, identifiez bien les logos qui vous garantissent un commerce équitable !

Maintenant que vous savez ce qu’est le commerce équitable et comment le reconnaître, j’aborderai dans un prochain article quelques astuces pour l’intégrer à votre quotidien. En attendant, prenez l’information, pensez-y, posez-vous des questions…

Zèbrement votre,

Laurence Bakayoko

2 réponses à “La saga du commerce équitable – Épisode 1 : Le commerce équitable, c’est quoi au juste ?

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